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  Pèlerinages et lieux de pèlerinage en Normandie   A lire sur ce sujet :
Le 44e Congrès des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie intitulé "Pèlerinages et lieux de pèlerinage en Normandie" aura lieu à Fécamp, du 22 au 25 octobre 2009
Les pèlerinages dans le monde à travers le temps et l'espace
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Annales de Normandie 1962 n°03
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Le culte populaire et l'iconographie des saints en Normandie - T.1 - la Sainte Vierge
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Saints guérisseurs et protecteurs. Croyances populaires dans l'Orne
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Itinéraires de pèlerins : les chemins aux anglais
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Enseignes de plomb et autres menues chosettes du Moyen Age
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Culte et pélerinage à Saint Michel en Occident. Les trois monts dédiés à l'Archange
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Cahiers Léopold Delisle 1980 - T.XXIX - Fasc.1. Culte populaire des Saints en Normandie
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Le précieux sang de Fécamp. Origine et développement d'un mythe chrétien
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Millénaire monastique du Mont Saint Michel. T.3. Culte de Saint Michel et Pèlerinages
Millénaire monastique du Mont Saint Michel. T.3. Culte de Saint Michel et Pèlerinages
Itinéraires de pélerins de l'Orne au Mont saint Michel
Itinéraires de pélerins de l'Orne au Mont saint Michel
Identités pélerines
Identités pélerines
Culte et sanctuaires de saint Michel dans l'Europe médiévale
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Chemins et pèlerins. Actes des rencontres historiques d'Ardevon (2002)
Chemins et pèlerins. Actes des rencontres historiques d'Ardevon (2002)
Les pèlerinages au Mont Saint michel dans la littérature et dans les textes
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Les saints guérisseurs en Seine-Maritime
Les saints guérisseurs en Seine-Maritime
Itinéraires de Pèlerins. Les Chemins des Ducs de Normandie
Itinéraires de Pèlerins. Les Chemins des Ducs de Normandie
Images des Saints Jacques dans la Manche
Images des Saints Jacques dans la Manche
44e Congrès des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie

Organisé par la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie avec le concours de la ville de Fécamp, du Conseil général de Seine-Maritime de l’Association des Amis du Vieux Fécamp et du Pays de Caux et de l’Association des Amis de l’Abbatiale




Fécamp (Seine-Maritime)
22-25 octobre 2009
Pèlerinages et lieux de pèlerinage en Normandie

ORIENTATIONS DE RECHERCHES ET BIBLIOGRAPHIE
 
Par Catherine VINCENT, Professeur d’histoire du Moyen Âge, Université de Paris X-Nanterre  et Vincent JUHEL
Vice-président de la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie

On ne peut que se réjouir que la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie ait retenu pour son thème annuel de 2009 le pèlerinage. La mise à jour bibliographique jointe ci-dessous montre en effet que ce sujet, que l’on pourrait croire déjà largement exploré, n’a guère fait l’objet de travaux récents, à l’exception de deux mémoires de maîtrise inédits et consacrés exclusivement au diocèse de Rouen. Plus que le pèlerinage en lui-même, c’est le culte des saints qui a retenu l’attention, saints guérisseurs, saints évangélisateurs, saints de proximité ou saints généraux du christianisme, dont se détache la figure mariale et, pour les deux derniers siècles, en Normandie, celle de Thérèse de Lisieux. Or, le pèlerinage est une forme spécifique du culte des saints, ce qu’ont bien mis en valeur les analyses plus générales sur lesquelles on pourra s’appuyer dans un premier temps. Les études normandes doivent trouver leur place dans les grands chantiers de travail actuellement en cours sur les pèlerinages, qui sont menés à l’échelle européenne, tant en France, sous l’égide du CARE (Centre d’Anthropologie Religieuse Européenne de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales), que dans les pays voisins, Pays-Bas et Italie, où l’on se préoccupe depuis quelques années de recenser dans la longue durée les lieux qui ont été fréquentés par des pèlerins.
 
Au départ de toute enquête, se pose la question de la définition de l’objet recherché. Sur quels critères déterminer que telle chapelle, isolée ou insérée dans une plus grande église, a connu des visites que l’on peut qualifier de pèlerinage ? Les réflexions menées par les chercheurs français et étrangers aboutissent à la distinction des trois éléments suivants : un support à la dévotion (parmi les principaux types : reliques, corps entier, statue, peinture) ; l’attestation de miracles (qui sont souvent à l’origine des déplacements) et un « concours de peuple », autrement dit un nombre suffisant de visiteurs, réguliers ou irréguliers qui ne sont pas systématiquement encadrés par les autorités religieuses. On conviendra que pour les périodes anciennes, les sources ne laissent pas facilement détecter ces critères : ils sont à considérer comme des guides, qui aident à ne pas limiter les recherches aux seuls lieux les plus célèbres. Les premiers résultats des recensements systématiques menés en Italie, aux Pays-Bas ou pour certains diocèses français (Langres, Autun, Grenoble) font sortir de l’ombre nombre de « petits » lieux et, à travers eux, un pan entier des pratiques religieuses restées méconnues . Dans tous les cas, il importe de bien dater les premières attestations fiables en possession desquelles on se trouve, de manière à éviter de reporter les phénomènes dans un passé trop lointain ou une datation « immémoriale » dont on conçoit le peu de valeur scientifique.
Dans les lignes qui suivent, on suggère quelques axes possibles de travail qui ne sont pas limitatifs et peuvent se trouver enrichis par l’imagination des chercheurs et les réalités du terrain qui peuvent réserver de belles surprises !

I - Diversité des méthodes d’approche
Diverses méthodes peuvent être utilisées pour aborder l’histoire des pèlerinages. Si la période retenue et l’état de la documentation d’archives le permet, l’une des plus simples est de concentrer la recherche sur l’exploitation d’une source principale, pour ne pas dire unique : les testaments, les visites pastorales, la Semaine religieuse du diocèse, les Annales du sanctuaire par exemple. Il peut aussi se produire que des enquêtes aient été menées au XIXe siècle (ou avant) qui sont en elles-mêmes des sources intéressantes.
 
On pourra tout aussi bien circonscrire un espace précis qui corresponde à une circonscription de la géographie ecclésiastique, soit un diocèse entier (ce qui peut se révéler particulièrement lourd), soit un ou plusieurs doyennés. Dans une telle perspective, il est envisageable de recenser toute la documentation disponible, en procédant par une méthode régressive, partant de la bibliographie contemporaine pour remonter ensuite aux sources les plus anciennes. Un telle approche géographique n’est pertinente que si elle se double d’une dimension historique : la répartition des pèlerinages par tranches chronologiques permet de suivre l’enrichissement du maillage des sanctuaires de pèlerinage depuis le Haut Moyen Âge, à se fonder sur des enquêtes menées pour d’autres territoires que la Normandie. Ce phénomène semble avoir connu, en France, trois étapes majeures, l’une située aux derniers siècles du Moyen Âge (XIIIe-XVe siècles), l’autre après la mise en œuvre de la réforme catholique, fin XVIe-courant XVIIe siècle, avant une nouvelle reprise au XIXe siècle.
 
Il reste enfin l’approche classique mais fort suggestive, et sans doute plus réaliste dans le cadre de ce congrès, qui consiste à retracer l’histoire d’un seul lieu de pèlerinage depuis ses origines jusqu’à son terme, voire à sa situation contemporaine s’il est encore fréquenté de nos jours. La démarche a pour intérêt de mettre en évidence les aléas de la vitalité des pèlerinages, y compris des plus importants. Seuls les hauts lieux les mieux documentés se prêtent à ce mode de recherche : mais la Normandie n’en manque pas. Il importe en effet pour eux, comme pour d’autres de durée de vie plus éphémère, de bien prendre la mesure de leur historicité, soit, autrement dit, d’observer à leur propos cette alternance de temps de déclins et de succès (de « recharge », dirait Alphonse Dupront) dont la succession interroge l’historien. L’ensemble de travaux actuellement consacrés au Mont-Saint-Michel, dans le cadre d’une opération conduite par les universités de Bari, Caen, Paris X et Turin, en apporte la preuve manifeste. Ce cycle qui a débuté presque cinquante ans après la célébration du Millénaire monastique du Mont (1966), dont on connaît les riches publications qui s’ensuivirent, va se clore à l’automne 2008 par un colloque organisé à Cerisy-la-Salle sur le thème des représentations du Mont et de l’archange dans la littérature et les arts.

II - L’anthropologie du pèlerinage
L’histoire des pèlerinages ne se limite pas à leur identification. Pour donner chair à ces listes dont l’élaboration, pour nécessaire qu’elle soit, peut vite devenir desséchante, on tentera de puiser dans des sources plus spécifiques (récits d’origine, recueils de miracles, livrets de pèlerinage, chroniques). Afin d’ordonner une matière parfois disparate, on trouvera un guide dans la fiche de description des sanctuaires et lieux de pèlerinage qui a été établie pour les différents recensements européens : la version française est inspirée à la fois de celle qui a été élaborée en Italie et de la préparation de l’enquête conduite par Alphonse Dupront sur les pèlerinages de la France contemporaine, dans les années 1960. La structure de la fiche se trouve détaillée dans l’article de description du programme français cité en bibliographie et téléchargeable depuis le site ; elle est illustrée par les premières descriptions de sanctuaires affichées sur le même site, librement consultable.
 
Sans reprendre par le menu le commentaire des diverses rubriques, on constatera que l’attention se porte sur les quatre éléments suivants :
 
- Le premier est relatif à l’objet de dévotion qui donne lieu au pèlerinage. Sa nature a pu évoluer dans l’histoire générale des pèlerinages. Ainsi, les reliques sont-elles sans doute moins prisées qu’elles ne l’ont été durant les périodes médiévale et moderne, encore que le tout récent succès remporté par les voyages de la châsse de sainte Thérèse de Lisieux en dise long sur l’attachement aux supports concrets de la dévotion dont la théologie chrétienne, orthodoxe et catholique, en l’occurrence, a fait des médiateurs de la grâce.
 
- Il n’est pas toujours facile de documenter avec fiabilité les pratiques religieuses qui sont observées et recommandées (ou non) sur place, notamment pour les périodes les plus anciennes. Pourtant, leur description, leur enrichissement au fil de l’histoire et leur attribution tant à l’initiative des fidèles qu’à la volonté du magistère, sont riches d’enseignement sur ce qui se joue autour des pèlerinages, en matière de dialogue entre le prescrit et le vécu. Rappelons que le pèlerinage reste un mode de dévotion laissée à la libre appréciation du fidèle, sans être affecté par aucune forme d’obligation, en contexte chrétien.
 
- Lorsqu’ils sont conservés ou encore en usage, les aménagements qui ont été élaborés à l’intérieur du sanctuaire même et à ses abords, pour l’accueil des visiteurs, offrent un autre domaine d’étude pour comprendre le fonctionnement des lieux, apprécier leur rayonnement et la pastorale dont ils ont pu être le théâtre, dans certains cas.
 
- Aux grandes phases de l’histoire des lieux, telles qu’elles ont été évoquées ci-dessus, on ajoutera enfin une attention aux quelques événements marquants qui émergent dans la documentation. Ces derniers ont pu provoquer des rassemblements exceptionnels, lors de la visite de personnalités ou du déplacement de l’objet de dévotion (translations et élévations de reliques, par exemple) ; ils ont pu également provoquer une rupture dans la fréquentation, par des destructions souvent situées, dans le contexte français, soit lors des affrontements religieux du XVIe siècle, soit lors de la Révolution française. La période qui suit la mise en application du concile Vatican II n’a pas été non plus sans conséquence sur les formes « pérégrines » de la dévotion.

III - Les pèlerinages dans l’histoire
On terminera ce bref panorama par une évidence : le pèlerinage n’est pas un phénomène isolé. Les aléas de la vie d’un lieu, tout comme l’histoire plus globale du phénomène envisagée à l’échelle d’une région, sont les fruits d’un contexte précis qu’il importe de ne pas perdre de vue.
Si ce contexte est d’abord celui de la vie religieuse de l’époque (tel l’essor de la prière pour les âmes du Purgatoire illustrée à La Chapelle-Montligeon), de la place que celle-ci prend dans la pensée et la vie sociale, il ne se limite pas à ces aspects qui enfermeraient le phénomène du pèlerinage dans des cadres trop étroits. De nombreuses études ont bien démontré, pour toutes les périodes, à quel point les cultes et les pratiques de dévotion ont été intimement liés aux réalités sociales et politiques dans lesquelles ils se sont épanouis. Un drame local ou national peut se trouver à l’origine de l’érection d’un sanctuaire, comme on le sait après 1870, en France. Dès l’époque médiévale et tout autant durant les XVIe-XVIIIe siècles, les souverains (et avant eux les ducs de Normandie) se sont appuyés sur les figures protectrices des saints et de la Vierge ; cette dernière est devenue un véritable étendard de catholicité à la suite des affrontements confessionnels du XVIe siècle.
 
Mais l’échelle nationale, quand ce n’est plus celle du royaume, n’explique pas tout. Celle de la région sur laquelle se concentrent les études est évidemment de la plus grande influence, une influence encore plus importante, peut-être, avant que la construction de l’identité nationale ne lie le destin de la Normandie à celui du royaume puis de la nation. La mise au jour de la persistance (ou non) de l’attachement à des figures de sainteté proprement régionales et à des sanctuaires liés à l’identité normande sera du plus haut intérêt. On constatera sans doute que tous les ermites du Cotentin ou du Bocage ne sont pas totalement tombés dans l’oubli, contrairement à ce que l’on pourrait penser, de loin !
 
On n’aura garde enfin d’oublier le rayonnement des pèlerins et des pèlerinages normands, leur diffusion au-delà même de la Normandie, comme une étude l’a démontré pour Notre-Dame-de-la-Délivrande ou comme on l’a rappelé à propos de sainte Thérèse de Lisieux. Enfin, être pèlerin en Normandie, c’est aussi partir à destination d’autres sanctuaires que ceux du territoire, parmi lesquels s’imposent la Terre sainte, Rome, plus spécialement lors des années jubilaires, ou Saint-Jacques-de-Compostelle, dont le succès contemporain ne doit pas faire oublier l’histoire qui a été ponctuée de temps de décharge et de recharge. L’étude de pèlerins normands partis vers de grands sanctuaires français ou étrangers pourrait révéler de belles études (Chartres, Tours, Rocamadour, etc).
 
Les axes de recherche suggérés jusqu’alors n’ont pas pris en compte une autre dimension du pèlerinage chrétien : la dimension proprement spirituelle donnée à cette démarche devenue une métaphore fréquemment développée de la vie humaine. Dans les écritures chrétiennes comme dans leurs commentaires ultérieurs par les auteurs spirituels, la « pérégrination » est apparue comme une figure qui permettait de traduire en termes largement accessibles l’anthropologie chrétienne, la conception qui est la sienne de la condition humaine : une humanité de passage sur terre, comme sur le chemin, vers un lieu convoité, celui du salut promis aux élus. Or, il appartint à un normand du XIVe siècle, originaire du Cotentin et devenu moine de l’abbaye cistercienne de Chaalis, Guillaume de Digulleville, de donner à cette conception une traduction littéraire de grande ampleur, promise à un beau succès, dans son œuvre Le Pèlerinage de vie humaine. On y chercherait en vain la liste des pèlerinages fréquentés au XIVe siècle mais on y trouvera une compréhension en profondeur du geste, dans le contexte du christianisme occidental, qui éclaire tant les attitudes des fidèles que les éléments de pastorale qui leur ont été proposés.
 
Au terme de ce survol des axes de recherche possibles sur l’histoire des pèlerinages normands, on aura compris que la moisson est abondante ; souhaitons qu’elle trouve de nombreux ouvriers pour aider à mieux cerner ce geste profondément enraciné dans l’histoire des hommes et à en renouveler l’image.


I - Ouvrages généraux sur l’histoire des pèlerinages chrétiens, classés par ordre de parution
A/ Ouvrages signalés pour aider à situer les enquêtes normandes dans un contexte général
- Pierre-André Sigal, Les marcheurs de Dieu : pèlerinages et pèlerins au Moyen Âge, Paris, Armand Colin, 1974.
- Jean Chélini, Henri Branthomme, Les chemins de Dieu : Histoire des pèlerinages chrétiens des origines à nos jours, Paris, Hachette, 1982.
- Alphonse Dupront, Du sacré : croisades et pèlerinages ; images et langages, Paris, Gallimard, 1987.
- Pierre-Gilles Girault , Marcel Girault, Visages de pèlerins au Moyen Age : les pèlerinages européens dans l’art et l’épopée, La-Pierre-qui-Vire, 2001, 388 p.
- Jean-Michel Leniaud, « Les basiliques de pèlerinage en France et leur architecture (XIXe-début XXe siècle), Sanctuaires français et italiens dans le monde contemporain », Mélanges de l’École française de Rome, Italie, Méditerranée, 2005, 117, p. 487-496.
 
B/ Volumes récemment publiés dans le cadre de travaux collectifs menés au Centre d’anthropologie religieuse européenne de l’EHESS (Philippe Boutry, Pierre Antoine Favre et Dominque Julia) et dans le cadre des entreprises d’inventaires des sanctuaires et lieux de pèlerinage, organisée et achevée en Italie (Giorgio Cracco et André Vauchez), en cours pour la France (Catherine Vincent).
- Philippe Boutry, Pierre-Antoine Favre, Dominique Julia (éd.), Rendre ses vœux : les identités pèlerines dans l’Europe moderne (XVIe – XVIIIe siècle), Paris, EHESS, 2000, 586 p.
- Philippe Boutry, Dominique Julia (éd.), Pèlerins et pèlerinages dans l’Europe moderne, Rome, École française de Rome, 2000, 518 p.
- André Vauchez (dir.), Lieux sacrés, lieux de culte, sanctuaires, Rome, École française de Rome, « Collection de l’École française de Rome » 273, 2000.
- Catherine Vincent (éd.), Identités pèlerines, Actes du colloque de Rouen, 15-16 mai 2002, Rouen, PUR, 2004, 247 p.

II - Les pèlerinages en Normandie
La sélection a retenu les articles qui, de près et, parfois, de plus loin, intéressent la thématique du pèlerinage. À l’exception de quelques ouvrages de références, notamment du Dr Jean Fournée[7] († 1997), ne sont cités ici que les titres publiés après 2000, étant entendu que les études parues précédemment se trouvent signalées dans la longue bibliographie établie dans : Les saints dans la Normandie médiévale, Colloque de Cerisy-la-Salle, (26-29 septembre 1996), Pierre Bouet, François Neveux (dir.), Caen, PUC, 2000, p. 303-332
.
Les travaux ont été classés topographiquement, du général au particulier, sans oublier les questions des pèlerinages extérieurs, des sanctuaires répliques et de la culture matérielle des pèlerinages (objets, impressions).
 
Normandie
- Lucien Musset, « Recherches sur les pèlerins et les pèlerinages en Normandie jusqu’à la première croisade », Annales de Normandie, t. 12, n° 3, octobre 1962, p. 127-150.
 
Diocèses
- Jean Aubert, Pèlerinages du diocèse de Sées, La Ferté-Macé, Beauregard, 1979, 116 p. (44 centres de pèlerinage pour le seul diocèse de Sées, exemple de l’ampleur envisageable dans les autres départements dépourvus de tels guides).
- Séverine Fontaine, « Les pèlerinages dans l’ancien diocèse de Rouen, Répertoire bibliographique raisonné », mémoire de maîtrise sous la direction de Catherine Vincent, Université de Rouen, 2002, 2 vol. (159 + 152 p.).
- Amélie Marybrasse, , Les Pèlerinages dans le diocèse de Rouen aux débuts de la Troisième République (1870-1914), mémoire de maîtrise sous la direction de Jacques-Olivier Boudon, Université de Rouen, 2000, 264 p. (cf. communication dans Catherine Vincent (éd.), Identités pèlerines, Actes du colloque de Rouen, 15-16 mai 2002, Rouen, PUR, 2004, p. 201-210.)
 
Villes
- Jacques Le Maho, Les lieux de pèlerinage rouennais au temps des ducs », dans Catherine Vincent (éd), Identités pèlerines, Actes du colloque de Rouen, 15-16 mai 2002, Rouen, PUR, 2004, p. 45-66.
 
Saints guérisseurs et saints protecteurs en Normandie
- Dr Jean Fournée, Le culte populaire et l’iconographie des saints en Normandie, étude générale, Paris, 1973, SPHAN, 288 p.
- Hippolyte Gancel, Les saints qui guérissent en Normandie, Rennes, Ouest-France, 2006.
- Jacky Maneuvrier, « Les sources et fontaines réputées guérisseuses en Pays d’Auge », Pays d’Auge, 2004, 54, n° 4, p. 16-21.
- Les saints guérisseurs en Seine-Maritime, Martainville, Musée des Traditions et Arts normands, 2006.
- Bernard Verwaerde, À quels saints se vouer ? … dans l’Eure. Les saints guérisseurs et protecteurs : pratiques actuelles de dévotion, Caudebec, 2001.
- Voyageurs et ermites : saints populaires évangélisateurs de la Normandie, Caen, Musée de Normandie, 1996.
 
Culte marial
- Dr Jean Fournée, Le culte populaire et l’iconographie de la Sainte Vierge en Normandie, t. 1. Répertoire, Nogent-sur-Marne, SPHAN, 1975, 276 p.
- Dr Jean Fournée, « Le culte populaire et l’iconographie des saints en Normandie. La Sainte Vierge », Cahiers Léopold Delisle, t. XIX, fasc. 1 : les miracles de Notre-Dame aux XIe et XIIe siècles, 1980, 39 p.
 
III - Sanctuaires normands
 
Biville (bienheureux Thomas Hélye)
- Mgr Bernard  Jacqueline, chanoine Georges Hyernard, Le Bienheureux Thomas Hélye, prêtre de Biville. Vie et miracles, Cherbourg, La Dépêche, 1985, 128 p. (vita).
- Eric Navet, « Le bienheureux Thomas Hélye de Biville, le thaumaturge de la Normandie », Espaces thérapeutiques, saints guérisseurs et autres intercesseurs, Revue du Tarn, 2006, 204, p. 619-638.
- Dr Hugues Plaideux, Le Bienheureux Thomas Hélye de Biville (petit abrégé), Cherbourg, La Dépêche, 1989, 61 p.
- Dr Hugues Plaideux, « Le bienheureux Thomas Hélye et la religion populaire », Annales de Biville, n° 54, septembre 1996, p.6-12.
 
La Chapelle-sur-Vire
- Georges Bottin, « La vente d’un lieu de pèlerinage : La Chapelle-sur-Vire, 1791 », Revue de la Manche, 2004, n° 183, p. 52-55.
 
Fécamp
- Jean-Guy Gouttebroze, Le Précieux Sang de Fécamp : origine et développement d’un mythe chrétien, Paris, Champion, 2000, 112 p.
- Jacques Le Maho, « Les sources d’un grand pèlerinage normand : l’origine des reliques fécampoises du Précieux Sang », dans Catherine Vincent (éd), Identités pèlerines, Actes du colloque de Rouen, 15-16 mai 2002, Rouen, PUR, 2004, p. 93-106.
 
Notre-Dame-de-la-Délivrande
- Paule Brasseur, « N-D de la Délivrande. Les manifestations d’un pèlerinage itinérant de Normandie en Martinique puis au Sénégal », L’Église dans la rue, Les cérémonies extérieures du culte en France au XIXe siècle, 2001, p. 273-283.
- Jacques Pougheol, Étienne Foucher, Michel Le Tellier, « Le pèlerinage et la basilique de Notre-Dame de la Délivrande (Calvados) », Art de Basse-Normandie, 1999, n° 119, 96 p.
 
Lisieux
- Antoinette Guise, auteur d’une thèse de doctorat d’histoire (EHESS) sur les miracles de sainte Thérèse de Lisieux.
 
Le Mont-Saint-Michel
- Katherine Allen Smith, « An angel’s power in a bishop body : the making of the cult of Aubert of Avranches at Mont-Saint-Michel », Journal of Medieval History, 2003, 29, n° 4, p. 347-360.
- Pierre Bouet, Giorgio Otranto, André Vauchez (dir.), Culte et pèlerinages à saint Michel en Occident. Les trois Monts dédiés à l'archange, Rome, École française de Rome, « Collection de l'École française de Rome » 316, 2003.
- Vincent Juhel (éd.), « Chemins et pèlerins », Revue de l’Avranchin, 2003, t. 80, n° 395.
- Vincent Juhel (éd.), Le pèlerinage au Mont-Saint-Michel dans la littérature et les textes, Actes des 2e rencontres historiques d’Ardevon, Vire, Association « Les chemins du Mont-Saint-Michel », 2005, 126 p.
- Elisabeth Lalou « Les pèlerinages au Mont-Saint-Michel de Saint Louis et de Philippe le Bel », Revue de l’Avranchin, 2005, t. 82, n° 403, p. 103-121.
- Armelle Le Huérou, « Essai de reconstitution des armes miniatures de saint Michel depuis leur introduction au Mont jusqu’à leur disparition », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, t. 110, n° 2, 2003, p. 157-188.
- Millénaire monastique du Mont-Saint-Michel, Paris, Lethielleux et SPHAN, 5 vol., 1967-1991, t. III, Marcel Baudot (dir.), Culte de saint Michel et pèlerinage au Mont, 1967.
- Michel Nortier, « La chapelle Saint-Michel du palais à Paris, siège de la confrérie des pèlerins du Mont-Saint-Michel », Les Amis du Mont-Saint-Michel, 2000, n° 105, p. 34-45.
 
Saint Jacques
- Pierre Hébert, « Nouveau regard sur la confrérie Saint-Jacques et Saint-Christophe de Bernay », Connaissance de l’Eure, 2005, n° 136, p. 28-31.
- Images de saints Jacques dans la Manche, Conservation des Antiquités et objets d’Art du département de la Manche, 2003, 148 p. (dont Jean Marguerite, Montebourg et le « Grand Saint Jacques », p. 15-26).
 
 Culture matérielle
- Denis Bruna, Enseignes de pèlerinage et enseignes profanes dans les collections du Musée national du Moyen Age, Paris, R.M.N., 1996 (Tombelaine, Mont-Saint-Michel, Sainte-Catherine-du-Mont).
- Michel Delalonde, « Les petites marchandises pour pèlerins du Mont-Saint-Michel, au XVIIIe siècle », Revue de l’Avranchin, t. LXIV, n° 331, juin 1987, p. 109-122 (étude d’après les inventaires après décès).
- Claude Jigan, « Les instruments à vent en terre cuite du XVIIIe siècle trouvés au Mont-Saint-Michel » Revue archéologique de l’Ouest, n° 7, 1990, p. 131-136.
- Colette Lamy-Lassalle, Recherches sur un ensemble de plombs trouvés dans la Seine (musée des antiquités de Rouen et collection Bossard de Lucerne), revue des sociétés savantes de Haute-Normandie, n° 49, 1968, p. 5-24 (sanctuaires normands de saints Austreberthe, Catherine du Mont, Gorgon, Michel).
- Jean-Pierre Seguin, « Livrets de pèlerinage des XVIIe et XVIIIe siècles à l’usage des pèlerins du Mont-Saint-michel », in Millénaire monastique du Mont-Saint-Michel, t. III, Culte de saint Michel et pèlerinages au Mont, Paris, Lethielleux, 1967, p. 287-298.



ANNEXE - Liste de quelques uns des sanctuaires de pèlerinage en Normandie

La liste des sanctuaires mariaux a été en grande partie établie à partir du RP J.-B. Drochon (Histoire illustrée des pèlerinages français à la Très Sainte Vierge, Paris, Plon, 1890, p. 129-182), les noms en caractères gras correspondent à ceux des sanctuaires en activité d’après Émilie Bridois (Pardons et pèlerinages en Bretagne et en Normandie, Paris, Danaé, 1994), qui reprend les informations transmises dans chaque diocèse par la direction des pèlerinages à l’évêché. Cette liste indicative est particulièrement riche pour la Vierge mais c’est la conséquence du dépouillement du travail du RP Drochon. De nombreux sanctuaires, en particulier non mariaux, ont ainsi été omis. Cette liste a uniquement pour objectif de suggérer des sanctuaires ou des types de sanctuaires.
 
Calvados
- Pèlerinages mariaux
ND de La Délivrande à Douvres-la-Délivrande, ND de Grâce à Honfleur, ND du Bocage au Reculey, ND de Paix à Caen, ND de Saint-Pierre-sur-Dives.
- Autres pèlerinages
Montchauvet (saint Mathurin), Pont-d’Ouilly (saint Roch), Lisieux (sainte Thérèse), Préaux-Saint-Sébastien (saint Sébastien), Saint-Germain-du-Crioult (Sacré Cœur), Malloué (saint Ortaire).

  Eure
- Pèlerinages mariaux
ND de Gräce à Bailleul, ND de la Couture à Bernay, ND de Pitié à Nonancourt, ND à Ecouis, ND de la Ronce à Caumont.
- Autres pèlerinages
Les Andelys (sainte Clotilde), Les Baux-de-Breteuil (sainte Suzanne), Pinterville (bienheureux Père Laval à l’île Maurice), Acquigny (saints Mauxe et Vénérand).

 Manche
- Pèlerinages mariaux
ND sur Vire à Troisgots, ND du Vœu à Cherbourg, ND du Cap Lihou à Granville, ND de Rancoudray à Saint-Clément-Rancoudray, ND de la Délivrance à Rauville-la-Place, ND de Lourdes à Roncey, ND de Pontorson, ND de Tombelaine, ND de la Salette à Vindefontaine, ND de La Roquelle à Coutances, ND de Montéglise à Barenton.
- Autres pèlerinages
Biville (bienheureux Thomas Hélye), Mont-Saint-Michel, Mortain (bienheureux Guillaume Firmat), Saint-Pair-sur-Mer (saint Gaud), Saint-Sauveur-le-Vicomte (sainte Marie-Madeleine Postel).

Orne
- Pèlerinages mariaux
Notre-Dame de Sées (Immaculée Conception), ND du Chêne à Clémencé (Saint-Cyr-la-Rosière), ND de Pitié à Longny-au-Perche, ND du Lignon à Couterne, ND de l’Oratoire (Immaculée Conception) à Passais-la-Conception, ND de Pitié à Perrou, ND de Recouvrance aux Tourailles, ND-sur-l’Eau à Domfront, ND de Liesse à Joué-du-Bois, ND de Liesse à Monmerrei, ND du Repos à Médavy, ND de Lignerolles, Mariette de Besdon, ND de la Garde à Sées, ND de Lorette à Montsort (Alençon), ND de la Paix à Beauchêne, ND de Montligeon à La Chapelle-Montligeon, ND de La Roche au Châtellier, ND de La Lande-Patry, ND de Pitié à Ménil-Jean, ND du Vallet à Monnai, ND du Chêne à Caligny.
- Autres pèlerinages
Alençon (sainte Thérèse-de-l’Enfant-Jésus), Céaucé (saint Ernier), Saint-Christophe-le-Jajolet (saint Christophe), Saint-Pierre-de-Sommaire (Saint Nom de Jésus et ND du Rosaire), Saint-Siméon-du-Passais (saint Siméon), Saint-Sulpice-sur-Risle (chapelle des Hosties ou de la Place), Les Béziers à Saint-Michel-des-Andaines (saint Ortaire), Cléray à Belfonds (saint Latuin), Magny-le-Désert (saint Antoine).

Seine-Maritime
- Pèlerinages mariaux
ND de Bonsecours à Blosseville, ND de Paix à Sahurs, ND de Grâce au Havre, ND des Flots à Sainte-Adresse, ND du Salut à Fécamp, ND de La Barre-y-Va à Heurteauville, ND du Chêne à Allouville-Bellefosse, ND de Caillouville à Saint-Wandrille, ND de Consolation à Gournay, ND des sept douleurs à Eu, ND des Grèves à Dieppe, ND Auxiliatrice au Havre, ND de Bonne-Nouvelle à Arques, ND du Cardonnay, près d’Aumale, ND des Vertus à Saint-Denis-sur-Scie, ND des Marins au Tréport, ND de Graville (« Vierge Noire), au Havre.
- Autres pèlerinages
Eu (saint Laurent), Fécamp (Précieux Sang).

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Publié le 03/12/2008
...par Guillaume Lemaitre
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